18 septembre 2026
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Face aux nombreuses plaintes enregistrées ces derniers jours concernant le refus de certaines coupures de dollars américains, le député provincial Héritier Likaka Balombo, élu du territoire d’Isangi, a effectué une descente sur le terrain à Kisangani pour tenter de comprendre l’origine de cette situation.

Au centre des préoccupations exprimées par plusieurs usagers figurent notamment les billets portant des traces de stylo, des cachets ou d’autres marques, mais également certaines petites coupures, particulièrement celles de 5 et 1 dollar américain.

Du marché central aux banques commerciales
La mission de l’élu provincial a commencé au marché central de Kisangani, où sa délégation a recueilli les témoignages de commerçants et d’autres utilisateurs du dollar. Plusieurs personnes ont fait état de difficultés rencontrées lors des opérations de change, notamment auprès de certains cambistes.

Interpellés sur cette situation, des cambistes rencontrés sur place ont, de leur côté, mis en cause les pratiques des banques commerciales.

Selon eux, certaines coupures seraient difficiles à remettre en circulation après avoir été reçues des établissements bancaires.

Pour vérifier ces différentes versions, Héritier Likaka Balombo et son équipe ont ensuite poursuivi leurs investigations auprès de plusieurs banques commerciales de la ville, notamment Rawbank, TMB et EquityBCDC.

À Rawbank, Élie Kalonji, responsable de la caisse, a indiqué que l’établissement bancaire n’applique pas d’interdiction générale concernant les billets portant des traces de stylo ou des cachets.

Il a également précisé que les petites coupures de 5 et 1 dollar ne font pas l’objet d’un refus systématique.

Il a invité les clients confrontés à ce problème à se présenter directement aux guichets de la banque afin que les billets concernés puissent être examinés.

Selon ses explications, Rawbank dispose elle-même de billets présentant certaines marques, mais la difficulté apparaît parfois au moment de leur remise en circulation, certains clients refusant à leur tour de les recevoir. Dans ce cas, les établissements bancaires peuvent procéder au regroupement de certaines coupures et à leur transfert vers d’autres agences ou villes, notamment Butembo, Isiro ou Kinshasa.

Arsène Kakule, responsable de l’administration de Rawbank, a également confirmé qu’aucune interdiction générale de ce type n’est appliquée par la banque.

La TMB évoque également les pratiques du marché
À la Trust Merchant Bank (TMB), le responsable rencontré par la délégation a fourni une explication similaire. Il a affirmé que la banque accepte les billets apportés par ses clients, mais que leur remise en circulation peut se compliquer lorsque ceux qui doivent les recevoir les refusent.
« Si les gens nous amènent ces billets, nous, on prend », a-t-il expliqué.

Cette situation renvoie donc également aux pratiques observées dans le circuit commercial et aux réticences de certains utilisateurs à accepter certaines coupures.
La délégation s’est également rendue à EquityBCDC, poursuivant ainsi sa série de vérifications auprès des établissements bancaires de Kisangani.

La BCC appelée à clarifier le cadre applicable
Après avoir recueilli les explications des opérateurs économiques et des banques commerciales, Héritier Likaka Balombo a également sollicité les éclaircissements de la Banque centrale du Congo (BCC).

Le responsable provincial de la BCC rencontré par la délégation a notamment rappelé la distinction entre le franc congolais, monnaie nationale émise par la Banque centrale du Congo, et le dollar américain, qui constitue une monnaie étrangère.

La mission n’a, au cours de ces différentes rencontres, identifié aucun texte légal présenté à la délégation interdisant explicitement la circulation des billets américains portant des traces de stylo ou des cachets.

Cette situation pose ainsi la question de l’existence et de l’application de règles communes permettant de déterminer dans quelles circonstances un billet peut être accepté ou refusé par les différents acteurs du marché.

Pour le responsable provincial de la BCC, une concertation entre les principales parties prenantes pourrait contribuer à trouver une réponse à cette problématique.

Il a notamment évoqué la possibilité d’une rencontre réunissant les autorités politico-administratives, la BCC, les banques commerciales, les cambistes ainsi que la Fédération des entreprises du Congo (FEC).

« C’est maintenant le jeu de ping-pong », déplore Héritier Likaka
Au terme de cette descente, le député provincial estime avoir constaté un véritable renvoi de responsabilité entre les différents intervenants de la chaîne monétaire.

« Nous avons compris qu’ici, c’est maintenant le jeu de ping-pong », a déclaré Héritier Likaka Balombo.

L’élu provincial entend désormais porter cette question devant l’Assemblée provinciale de la Tshopo, afin que des éclaircissements puissent être apportés sur les pratiques liées à l’acceptation et au refus de certaines coupures de dollars à Kisangani.

La délégation avait également prévu de rencontrer le gouverneur de la Tshopo pour lui présenter les préoccupations recueillies sur le terrain.

Toutefois, le chef de l’exécutif provincial étant en déplacement à Kinshasa pour une séance de travail, la rencontre devait se tenir avec le vice-gouverneur.

Celle-ci n’a finalement pas eu lieu en raison de l’absence de ce dernier.
Cette descente aura néanmoins permis à l’élu provincial de confronter les témoignages de plusieurs catégories d’acteurs : usagers, commerçants, cambistes, banques commerciales et Banque centrale du Congo.

La prochaine étape annoncée consiste désormais à obtenir une clarification sur les règles applicables au marché, particulièrement concernant les billets marqués ou les petites coupures, afin de mettre fin aux pratiques contradictoires auxquelles sont confrontés les usagers à Kisangani.

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