Le député provincial Héritier Likaka alerte sur l’état de la route reliant Kisangani au territoire d’Opala, après une descente effectuée mardi 8 septembre 2026 jusqu’au PK65.
Plus d’une année après l’allocation annoncée d’environ 3,6 millions de dollars américains à Kas-Logistic par le gouvernement central, l’élu affirme que seuls 14 kilomètres auraient été travaillés conformément aux normes requises et demande des explications sur l’évolution du projet.
Après une première étape sur l’axe Yangambi-Isangi, la délégation conduite notamment avec le ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction (ITPR), Johnson Sisi Salisali, a poursuivi sa mission sur la route d’Opala.
L’objectif était de vérifier l’état du chantier et les conditions de circulation sur cet axe considéré comme important pour les échanges entre Kisangani et le territoire d’Opala.
Jusqu’au PK65, Héritier Likaka dit avoir constaté une progression qu’il juge très faible. Selon lui, seuls environ 14 kilomètres ont bénéficié d’un rechargement systématique réalisé conformément aux normes requises, tandis que sur d’autres portions, les interventions se limiteraient essentiellement à l’ouverture de la route.
Pour l’élu provincial, ce niveau de réalisation, plus d’un an après la mise à disposition annoncée des fonds, soulève de sérieuses interrogations sur la capacité de l’entreprise à achever le projet dans les délais et conditions prévus.
« En termes clairs et simples, ce qui est aujourd’hui dans le territoire d’Opala mérite un autre nom », a déclaré Héritier Likaka, qui estime que Kas-Logistic est « incapable » d’exécuter les travaux qui lui ont été confiés.
La question financière est au cœur des préoccupations soulevées par le député. Il affirme qu’environ 3,6 millions de dollars américains ont été reçus par l’entreprise il y a plus d’une année, sur financement du gouvernement central.
Pour lui, le niveau d’avancement observé sur le terrain ne correspond pas aux attentes liées à ce financement.
Héritier Likaka demande ainsi des explications sur l’utilisation des fonds et l’exécution du projet.
Il évoque des soupçons de mauvaise gestion, mais ces déclarations restent celles de l’élu et ne permettent pas, à elles seules, d’établir un détournement de fonds. La position de Kas-Logistic ainsi que celle de l’autorité contractante sont attendues afin de clarifier la situation financière et technique du chantier.
Cette situation fait déjà l’objet d’un suivi au niveau de l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Une commission a été mise sur pied par l’organe délibérant provincial pour enquêter sur ce projet, selon les informations communiquées par le député.
Ses conclusions pourraient notamment permettre d’établir le niveau réel d’exécution des travaux et de faire la lumière sur les différents aspects du chantier.
La mission de terrain a également donné lieu à des échanges avec des habitants de l’axe. D’après Héritier Likaka, plusieurs personnes rencontrées ont affirmé que l’entreprise ne travaillerait plus depuis plusieurs semaines.
Il rapporte également des revendications de certains travailleurs concernant leurs salaires, une information qui devra être vérifiée directement auprès de Kas-Logistic.
Pour l’élu provincial, la situation justifie un contrôle accru et des explications des responsables du projet.
« Nous allons prendre des mesures pour cette entreprise pour nous donner les explications claires par rapport à l’argent qu’elle avait eu de la part du gouvernement », a-t-il déclaré.
Au-delà de la controverse autour de l’exécution du chantier, la route Kisangani-Opala revêt une importance particulière pour la mobilité des populations et l’évacuation des produits agricoles vers les centres urbains.
Son amélioration est donc présentée comme un enjeu majeur pour le désenclavement et le développement économique du territoire.
Entre la mission parlementaire, la commission d’enquête déjà annoncée et les demandes d’explications adressées à Kas-Logistic, le dossier devrait désormais connaître un suivi plus étroit.
Les conclusions de la commission et les réponses de l’entreprise permettront de mieux établir les raisons du faible niveau d’avancement constaté sur le terrain.