La cheffe de Division provinciale des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Christine Lindondo, a tenu, ce lundi 10 août 2026, une importante réunion de travail avec les différents chefs de postes fluviaux œuvrant dans les territoires relevant de sa juridiction, ainsi qu’avec le chef du Bureau provincial du transport fluvial et Commissaire fluvial de Kisangani.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des accidents de navigation sur les cours d’eau de la République démocratique du Congo, particulièrement après le naufrage de la baleinière H/B Ville de Bandu, survenu le 6 août dernier sur le fleuve Congo, à proximité de Kisangani.
Selon les informations rapportées par Radio Okapi, le naufrage avait fait au moins six morts et 31 rescapés au moment où les recherches se poursuivaient.
La baleinière, qui se rendait à Lokutu, avait quitté Kisangani en soirée, alors que les règles de navigation interdisaient un tel départ à cette heure.
Le respect strict des normes au cœur de la réunion.
Au cours de cette réunion, Christine Lindondo a insisté sur la nécessité, pour tous les responsables chargés de la surveillance et du contrôle de la navigation fluviale dans la province de la Tshopo, de faire respecter sans complaisance les lois, règlements et instructions en vigueur afin de prévenir les naufrages et de protéger les vies humaines.
Cette exigence rejoint les instructions du ministère national des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, qui rappellent aux chefs des divisions provinciales, aux commissaires fluviaux et aux chefs de postes leur responsabilité dans l’application des mesures de sécurité.
Parmi les mesures rappelées figurent notamment l’obligation du port du gilet de sauvetage pour toute personne à bord, le contrôle technique des embarcations, ainsi que l’interdiction de la navigation nocturne pour les baleinières en bois. Les instructions nationales prévoient également que les permis de sortie ne soient délivrés qu’aux unités disposant notamment d’une assurance responsabilité civile valide et respectant les conditions réglementaires de navigation.
Les baleinières en bois particulièrement concernées
Les instructions du ministère national sont particulièrement strictes à l’égard des baleinières en bois.
Elles prévoient notamment l’interdiction de navigation pour celles âgées de plus de cinq ans et une limitation de leur rayon de navigation à moins de 750 kilomètres.
Les conducteurs sont, pour leur part, appelés à respecter et faire respecter les dispositions légales et réglementaires relatives à la navigation fluviale et lacustre. Les armateurs sont également tenus de ne pas s’immiscer dans la conduite des unités flottantes pendant la navigation.
Le cas de la H/B Ville de Bandu relance le débat sur les responsabilités
Le naufrage de la H/B Ville de Bandu constitue ainsi un rappel des risques liés au non-respect des règles de navigation.
D’après le Commissaire fluvial cité , la baleinière aurait quitté le port de Kisangani à 18h05, alors que les responsables du poste de contrôle avaient refusé de lui délivrer les documents nécessaires pour un départ à cette heure et auraient demandé à l’armateur d’attendre le lendemain matin.
La question des responsabilités fait par ailleurs l’objet d’une plainte contenue dans les documents transmis à la rédaction.
Celle-ci devra être examinée par les instances compétentes, conformément aux procédures judiciaires en vigueur. Il convient donc, à ce stade, de parler de présomptions et d’allégations faisant l’objet d’une procédure, et non de responsabilités définitivement établies.
Les instructions nationales prévoient justement que les actions judiciaires engagées ou à engager contre les présumés responsables soient menées à terme et que les chefs des divisions provinciales assurent le suivi de l’exécution des décisions rendues par les cours et tribunaux.
Christine Lindondo appelle à la vigilance
À travers cette réunion, la Division provinciale des Transports, Voies de Communication et Désenclavement entend renforcer la surveillance des mouvements des embarcations sur les différentes voies navigables de la Tshopo.
La cheffe de division a ainsi rappelé aux différents responsables placés sous son autorité que la sécurité des passagers doit demeurer une priorité.
Le respect des heures de navigation, le contrôle des embarcations, la possession des documents requis et le port effectif des équipements de sécurité doivent notamment faire l’objet d’une attention particulière.
Cette réunion apparaît donc comme une démarche visant à prévenir de nouveaux drames sur les voies fluviales de la Tshopo, alors que le récent naufrage de la H/B Ville de Bandu a une nouvelle fois mis en évidence l’importance du respect strict des normes de navigation.
La responsabilité de chaque acteur — autorités de contrôle, chefs de postes, commissaires fluviaux, conducteurs et armateurs — demeure ainsi au centre du dispositif de prévention des naufrages, conformément aux directives nationales qui exigent l’application rigoureuse des règles de sécurité.