Kisangani, 10 juin 2026 – Lors d’une intervention remarquée à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, en présence de la ministre provinciale de l’Agriculture, l’honorable Senold Tandia Akomoboyo, élu de la ville de Kisangani, a présenté une analyse approfondie de la situation agricole de la province, assortie de recommandations visant à renforcer la production locale et à lutter contre la flambée des prix des produits agricoles, notamment le riz.
Dans son exposé, le député provincial a structuré son intervention autour de deux axes majeurs : les cultures vivrières, principalement le riz et le maïs, et les cultures pérennes, à savoir le cacao et le café.
Le riz au cœur des préoccupations
Abordant la question de la hausse du prix du riz sur les marchés de la Tshopo, l’honorable Senold Tandia a expliqué que cette situation résulte principalement d’une baisse de la production enregistrée durant la saison culturale B de l’année 2025.
Selon lui, plusieurs facteurs sont à l’origine de cette contre-performance, notamment le retard dans les semis, les perturbations climatiques ainsi que la mauvaise gestion de certains intrants agricoles.
Il a recommandé au gouvernement provincial de veiller au strict respect du calendrier agricole, tout en encourageant la promotion simultanée du riz pluvial et du riz irrigué, en collaboration avec le Programme National de Riz (PNR).
L’élu de Kisangani a également dénoncé la rétention prolongée des semences et outils agricoles par certains acteurs chargés de leur distribution, une pratique qui compromet la qualité des intrants et réduit considérablement leur efficacité sur le terrain.
Des perspectives encourageantes pour la prochaine saison
Malgré les difficultés actuelles, l’honorable Senold Tandia a révélé que la province dispose déjà de quantités importantes de semences pour la prochaine campagne agricole.
Pour le riz, la Tshopo compte notamment sur 15 940 kilogrammes de semences issues de l’INERA et des agri-multiplicateurs, ainsi que 30 880 kilogrammes de semences hybrides à haut rendement.
Concernant le maïs, plus de 26 000 kilogrammes de semences locales et plusieurs centaines de kilogrammes de semences hybrides sont déjà disponibles.
Ces ressources, a-t-il souligné, constituent une opportunité importante pour accroître la production agricole et améliorer la sécurité alimentaire dans la province.
Réguler la demande pour protéger le marché local
L’honorable Senold Tandia a également attiré l’attention sur la forte pression exercée sur la demande locale de riz.
Il a rappelé que la production de la Tshopo ne sert pas uniquement à approvisionner la population provinciale, mais qu’elle alimente également les provinces voisines ainsi que certaines grandes entreprises.
Il a notamment cité la société Busira-Lomami, qui achète d’importantes quantités de riz pour les commercialiser à Kinshasa après transformation, ainsi que la Bralima, qui utilise également le riz comme matière première dans son processus industriel.
Face à cette situation, le député provincial a recommandé au gouvernement provincial de limiter temporairement les sorties de riz hors de la province jusqu’à la prochaine récolte prévue entre la mi-juillet et le mois d’août.
Il a également plaidé pour une lutte rigoureuse contre la spéculation des prix tout au long de la chaîne de commercialisation.
À moyen terme, il a proposé que les grandes entreprises consommatrices de riz soient associées directement ou indirectement aux efforts de production agricole afin de réduire la pression sur le marché local.
Cacao et café : un potentiel à préserver
Dans la seconde partie de son intervention, consacrée aux cultures pérennes, l’honorable Senold Tandia a salué les efforts du gouvernement provincial dans la mise en place des pépinières de cacao, estimant que la Tshopo possède les atouts nécessaires pour devenir un acteur majeur de la filière cacaoyère en République démocratique du Congo.
Toutefois, il a exprimé son inquiétude face à la qualité des semences récemment acquises en appui aux initiatives provinciales.
Selon ses observations, ces semences présentent un taux de reprise extrêmement faible, compromettant les ambitions de développement du secteur.
L’élu a notamment affirmé que, pour le cacao, des fèves auraient été achetées à la place de véritables semences issues de cabosses sélectionnées, tandis que pour le café, des semences en coque auraient été acquises au lieu de semences en parche adaptées à la multiplication.
Face à ce qu’il considère comme un risque majeur pour l’avenir agricole de la province, il a invité le ministère provincial de l’Agriculture à agir rapidement afin de se procurer des semences de meilleure qualité avant le début de la prochaine saison culturale.
Un plaidoyer pour une agriculture performante
À travers cette intervention, l’honorable Senold Tandia Akomoboyo a réaffirmé son engagement en faveur du développement agricole de la Tshopo.
Ses recommandations visent non seulement à répondre à la crise actuelle des prix des denrées alimentaires, mais également à jeter les bases d’une agriculture moderne, productive et capable de soutenir durablement l’économie provinciale.